Le Tacot du Beaujolais de 1901 à 1934
Situé au nord de l'agglomération lyonnaise, entre le Val-de-Saône et l'Azergues, le Beaujolais est dans sa partie sud plantée de vignobles et dans sa partie septentrionale, la vigne fait place aux forêts de sapins. Le chemin de fer apparut dans cette région en 1854, le long de la Saône avec le dernier tronçon de la ligne Paris-Lyon, Chalon-sur-Saône-Vaise...
Le rail allait gagner du terrain autour de la capitale des Gaules et on commençait à se préoccuper de doter les zones rurales de ces lignes dites d'intérêt local. C'est ainsi que naquit le réseau des chemins de fer du Beaujolais, rapidement conçu, il établira la transition entre la diligence, les cars et les voitures automobiles, et ce, durant plusieurs décades.
En 1866, le tronçon de la ligne Tarare-Lyon, à l'embranchement de Saint-Germain-au-Mont-d'Or sera opérationnel. Le système ferroviaire de la région en 1900, sera complété par la ligne Beaujeu-Belleville et par une autre remontant l'Azergues de Lyon à Paray-le-Monial. Le 13 juillet1898, la compagnie de ces chemins de fer du Beaujolais, prend naissance, les travaux commencent rapidement et la première section du réseau mise en exploitation, fut celle de Villefranche au Bois d'Oingt le 1er avril 1901, suivie par celle de Villefanche au Perréon et à Beaujeu. Les deux dernières furent livrées au service des voyageurs le 18 septembre 1901 pour atteindre Monsols et le 1er juillet 1902 pour rallier Tarare, quant à la première circulation entre Villefranche et Jassans, elle s'effectuera le 23 juin 1903. L'ensemble du réseau dépassera les 90 km, sans un tunnel.
Raccordé à celui des tramways de Lyon, ce réseau permettait à des voyageurs peu pressés de se rendre de Trévoux à Cluny par exemple, en transitant par Villefranche véritable nœud ferroviaire de la région. Ce petit réseau méconnu de la plupart des étrangers à la région, à l'existence éphémère, malheureuse et agitée, puisque les relations avec l'exploitant et le Département s'envenimèrent, fut lancé avec des moyens notoirement insuffisants. Il était indéniable que ce réseau ne pouvait perdurer très longtemps, comme certains autres, bien mieux équipés. Reste le souvenir de ce fameux « tacot », plein de charme désuet, et à nul autre pareil, certains se souviennent lorsqu'il commençait à souffler du côté de Jarnioux, en attaquant les pentes.
Ce souvenir bien ancré chez bon nombre de ceux qui l'ont connu, emprunté et qui auront goûté à son bord, à cette vie qui semblait s'égrener au ralenti, pensez, la moyenne approchait les 17 km dan l'heure ! D'autres s'interrogent sur son passé à travers les vestiges de son infrastructure, et tentent avec une louable et sympathique curiosité de le découvrir...
Extrait du Journal le Progrès - 29/09/2002 |