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Henri Biollay, la mémoire de la ligne

Vigneron à la retraite à Ville-sur-Jarnioux, Henri Biollay, 82 ans, garde de nombreux souvenirs du tacot. Témoignage.

« A Jarnioux, il y avait un croisement, raconte Henry Biollay. On a connu des déraillements, comme ce fameux lundi de Pentecôte, quand le train qui montait avec sept wagons est sorti des rails et s'est planté ans le sable »...

« Ce tacot beaujolais a bercé ma jeunesse, et j'ai tant de souvenirs qui me reviennent à la mémoire, comme ce fourgon avec la cabine du postier et la niche à chiens. Derrière la « loc », il y avait le charbon en grandes briquettes, nécessaire pour alimenter la Pingely. Il y avait des wagons de pierres qui venaient du Pont Mathivet, ceux-ci étaient ouverts, et devant, les wagons voyageurs, qui étaient encore plus nombreux lors des grandes fêtes de l'année. Des fois on n'en comptait pas moins de dix, et là, je vous prie de croire que ça soufflait, il fallait que les rails soient secs. A Jarnioux, ça grimpait tellement qu'il s'élançait de la gare en faisant un boucan pas croyable. Ca n'allait pas vite, mais à l'époque on était pas pressé. Par contre dans la descente vous n'auriez pas pu le prendre en courant, car il « dégalochait ».
A Jarnioux, il y avait un croisement, à cause de la voie unique. On en a connu des déraillements, comme ce fameux lundi de Pentecôte, quand le convoi qui montait avec sept wagons est sorti des rails pour se planter dans le sable. Du coup, le train qui descendait en face ne pouvait plus passer. Il a donc bien fallu remettre la « loc » sur les rails. Plus de trois cents personnes étaient en rade. Le chef de gare nous alors proposé d'aller au village nous restaurer, car cela allait prendre du temps. Comme j'étais curieux, j'étais aux premières loges. Quand les trains ont finalement été prêts à partir, le mécano a tiré sur le sifflet pendant un quart d'heure, et les voyageurs nt eu plusieurs heures de retard. »

 Extrait Journal le Progrès - 06/10/2002

 
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